Tatouer la peau pour faire mentir l’absence. Mettre du noir du noir de l’encre remplir les pores déserts. Désertés. Par le désir. Avortée la peau et l’être en son terrier menti dans son manteau de peau. Abolir cette inanité qui n’a rien de sonore. Remplir noircir gribouiller griffonner faire oublier le vide. Le silence éternel. Cadeau empoisonné des testaments sans mots. Se battre contre ce vide qui remplit tout, lutter pieds et poings liés par l’évidence de la parole, cette parole manquante qui creuse la chair et dénature le sang. S’acharner à faire vivre un espace inhabitable inhabité déserté comme ces pores qui se cachent peureux sous la rougeur de la figure défigurée.
emma filao